Réjouissez vous, nous allons inaugurer…

Réjouissez vous, nous allons inaugurer la présidence à vie. Dieu, les coups d’état, les coups de forces et les « démissionnés » nous en ont préservé à ce jour. Mais chaque fois nous étions appelés à cautionner ces bouleversements au sommet. Dos rond. On n’y allait pas, ou, si on y allait, ce n’était jamais la foule. Mais ça n’empêchait pas les tenants du bon bout du bâton pour nous rappeler, par leurs moyens d’information, au cas où nous l’aurions oublié, que nous avions été crédités comme votants. Chiffres à l’appui. Et pourcentage de OUI impressionnant.

– Merci messieurs de votre compréhension, disions-nous.

Ils ne nous répondaient même pas. Méprisants.

Ce qui est un manque d’éducation, avouez-le.

Depuis, j’ai réfléchi. Je suis un malade de la résolution des problèmes à long terme. Alors voici : que cette élection n’ait pas lieu dans la forme prévue. Comme la précédente, d’ailleurs. Mais cette fois-ci, ajoutons y une touche personnelle. Que, formellement – pour que nous ne perdions ni la considération des autres peuples ni celle des gouvernements de par le monde – que la consultation donc soit transformée en referendum.  Pour changer quelques articles de la Constitution. Et adopter la Royauté. Carrément. Ca tranquillisera tout le monde. Eux, en haut, ils seront contents, assurés de la pérennité de leur présence en charge de l’état. Et nous, nous serons en dehors du coup, une bonne fois pour toutes. Ca ne nous changera pas, diriez vous. Nous avons l’habitude puisque nous n’avons jamais été dans le coup. Mais là, avec l’instauration de la Royauté, nous pourrons au moins prendre le temps, sans nous angoisser. Et à ne rien faire non plus. Comme d’autres royaumes, nous laisserons les entrepreneurs étrangers venir piller notre pays à condition que chacun soit adoubé par un national, bon chic bon genre, qui partagera les royalties sans angoisse, chaque fin de mois, passant le reste à chasser au faucon.

Vous trouvez que c’est un recul ? Et vous pensez, naturellement,  à certains princes de monarchies qui trouvent le temps de chasser, eux aussi, au faucon, n’est-ce pas ? J’en étais sûr. Non. Vous êtes malveillants.

Nous jouerons notre destin à quitte ou double.

Remarquez d’abord que toutes les royautés ne véhiculent pas des régimes fascistes. Il n’y a pas plus vieilles démocraties que celles de Grande Bretagne ou de Suède. Elles font même des jaloux. Ils n’ont pas connu de Mai 68. Rien. Quelques manifestations courtoises et ils rentrent à la maison attendre que le changement souhaité s’opère. En revanche, des républiques comme celle du Zimbabwe de Mugabe, non, merci. Ainsi donc, assurés de la présence d’un roi, en actualisant le logiciel de gestion du royaume, pour faire moderne, nous n’aurons plus à nous inquiéter quant à l’avenir des frères, des sœurs, enfin, de toute la tribu du souverain. Il n’y aura que les premiers ministres à changer.

De temps en temps. Un coup à gauche, un coup à droite.

Et comme nous jouerons franc jeux, nous montrerons à toute la planète que, ce n’est pas parce qu’on nous a fait croire que nous sommes, supposément arabes que nous allions nous conduire comme les royaumes arabes. Que Dieu nous en garde.

Vous voyez à quelle idée saugrenue ce climat politique me conduit ?

Au secours,  Si Larbi, et vous Djamilates, Si Abane, vous, martyrs, réveillez vous.

Réveillez nous !

Ils vont nous rendre fou !

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