Et des hommes, à grande échelle ?…

Et des hommes, à grande échelle ? Je n’ai pas entendu parler d’Associations d’Amitié entre nous, peuples, et d’autres associations représentants d’autres peuples. Si elles n’existent pas, peut-être fau-drait-il penser à en créer, ou si elles sont moribondes, les réanimer pour les animer. Ca permettra à chacun d’entre nous de pouvoir regarder par dessus les épaules des dirigeants pour nous reconnaitre dans les yeux, dans le sourire de l’autre, celui du Burkinabè, du Français, de l’Américain, du Marocain, du Chinois, du Tunisien, et que sais-je encore. Sans filtre. Nous ne sommes pas obligés de nous envahir les uns les autres pour apprendre à vivre les uns avec les autres, n’est-ce pas ?

En guise d’échauffement, pour nous faire la main, ou le coeur, commençons par nous intéresser les uns aux autres, sans nous envahir les uns les autres. Entre voisins de palier.

J’ai cru comprendre de la vie que c’est là où tout commence. Que c’est une des recommandations cardinales du Prophète Moham-med.

Un voisin de palier, honnête homme, toujours le premier à me saluer quand on se croisait, fut muté par son entreprise dans une autre ville. Il mit en vente son appartement, à mon grand regret.

Les acheteurs se présentèrent, visitèrent son domicile, nickel, propre et lui firent des offres. Dont la plus alléchante, venant d’un riche commerçant.

Curieux, il lui demanda, alors qu’ils étaient sur le point de conclure l’affaire, de prendre soin de nous. Et l’homme de répondre, arrogant :
– Vous savez, cet appartement, il ne me servira qu’à recevoir. La charge qu’il mit dans le verbe « recevoir » l’alerta.
– Recevoir ? demanda-t-il.
– Des amies, des amis. Fin des tractations. Réponse abrupte de mon voisin :
– Je regrette. Nous ne pouvons pas faire affaire. Je ne te vends pas seulement l’appartement. Je te vends aussi les voisins. Et ce que tu vas faire de celui-là, ça ne leur conviendra pas. Ca ne me convient pas.

L’histoire est vraie. Rare, sans doute, en cette ère de cupidité, mais authentique. Bien entendu l’appartement trouva rapidement acheteur. Ils sont sympathiques nos nouveaux voisins. Traditions biens ancrées. Vous savez ? Celle qui consiste à partager les plats. Il y en a un que ma femme ne cuisine plus. Les haricots. Parce que depuis qu’elle leur a dit que j’avais apprécié leur tajine, j’ai toujours ma part avec cette famille. Ma femme leur envoie des gâteaux. C’est une « fu-rax » des gâteaux, comme disait un ami d’un de nos enfants, abonné à notre table.

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